Aquì, si mangia la socca

Il est très difficile de connaître la date de fondation de Nice car les documents manquent cruellement. Les avis des historiens divergent et le débat n’a toujours pas trouvé de réponse certaine.

Les premières traces de civilisation autour de Nice remontent à 400 000 ans avant JC, à Terra Amata, à Nice, où a été découvert un des plus vieux foyers aménagés connus dans le monde. Le peuple ligure a également laissé de nombreuses traces dans la région, dès le Xe siècle avant JC. Néanmoins, aucune trace certaine ne permet de relier leur histoire à celle de Nice.

L’histoire de Nice commence probablement avec le Grecs. La première citadelle fût construite par les Phocéens, entre le Ve et le IIIe siècle avant JC et fût baptisée Nikaia : la Cité Victorieuse. Ainsi, la première citadelle fût fondée sur la butte du château afin de défendre ce comptoir contre les inévitables incursions barbares.

A partir de 13 avant Jésus-Christ, les romains construisent une seconde ville, CEMENELUM, voisine de NIKAIA, se situant sur la colline de Cimiez. Les ruines des thermes et des arènes témoignent d’une population de 15000 à 20000 habitants. L’empreinte romaine est toujours très présente dans le patrimoine local.

Puis, au Vème siècle, CEMENELUM est abandonnée au profit de NIKAIA. Les sarrasins ravagent la ville en 813, et étendent leur domination sur toute la Provence orientale dite la Côte des Maures, le Comte de Provence Guillaume les en chassera en 972. S’ouvre alors pour NICE, une période de mutations profondes, dans laquelle traditions et fêtes niçoises trouvent leurs origines. En 1176, la première charte de la ville est établie. La ville basse devient un centre de commerce actif.

En 1382, à la suite de la mort de la Reine Jeanne de Provence, une guerre civile éclate. En 1388, pour échapper à ses rivaux victorieux, NICE se place sous la protection du Comte de Savoie, Amédée VII. Nice devient une véritable forteresse au centre du système de défense des Comtes de Savoie face aux Français et à leurs alliés.

En 1543, la flotte turque est repoussée, grâce au courage des niçois que Catherine SEGURANE stigmatise. Le 17ème siècle niçois est marqué par l’explosion de l’art baroque et se conclut par les sièges de 1691 et 1705, au terme desquels l’armée française détruit les fortifications. Toujours fidèle au Duc de Savoie, devenu Roi de Sardaigne en 1720, Nice est envahie par les armées révolutionnaires françaises en 1792 et le département des Alpes Maritimes est créé en 1793. Rendu au Roi de Sardaigne en 1814, NICE et son comté se donneront définitivement à la FRANCE en 1860. C’est le point de départ d’un développement économique nouveau : construction de routes, arrivée du chemin de fer, essor spectaculaire de la démographie et urbanisation.



NICE et sa région deviennent la Côte d’Azur, si souvent peinte et photographiée. Le terme de "Côte d'Azur" n'est utilisé que depuis les dernières années du XIXe siècle. C'est un poète Bourguignon, Stephen Liegeard qui lança en 1887 l'expression de "côte d'azur".

Ces années tourmentées ont toutefois vu la naissance de ce qui deviendra l’un des fleurons économiques des Alpes-Maritimes : le tourisme. Quelques étrangers fortunés ont en effet découvert la douceur de son climat hivernal et succombèrent au charme du « printemps perpétuel de l’hiver niçois.

Nice connaîtra alors une période faste, dont l’apogée fût à la Belle Epoque. Anglais, Français, Allemands, Russes et Américains firent de la ville un lieu de villégiature à la mode. Fiers de cette attirance qu’elle suscite, de cette richesse qu’elle attire, de ces splendeurs qui s’y déploient, les Niçois ont pu craindre que leur ville ne passe plus que pour un gigantesque casino et qu’on oublie qu’elle avait une âme.

Mais l’âme de la ville se trouve probablement dans la dualité de l’art de vivre niçois et des hôtels de luxe, de la socca et du champagne, du cours Saleya et de la Promenade des Anglais. Nice populeuse et flamboyante, rurale et splendide, fille de la mer et cité des Alpes, capitale du Comté et de la Riviera, une ville qui appartient aux Niçois et au monde…

« Nice, écrit Théodore de Banville, est une déesse vivante sortie des flots d’écume sous un baiser de soleil. On vient à Nice pour une semaine et on y reste toute la vie »

Au travers de quelques photographies anciennes, nous avons voulu, dans les paragraphes qui suivent, vous faire découvrir ou redécouvrir quelques endroits clés de l’histoire de Nice.


Le Vieux Nice

dédale de passages étroits, de ruelles ombreuses entre les hautes façades ocres ou rouges, clochers baroques innombrables… contre les flancs de l’antique colline du château, la « Vielle Nice » fût longtemps à elle seule toute la ville, et même lorsque les faubourgs s’étendirent au-delà du Paillon, son cœur continua à battre là, entre les Ponchettes et la rue Pairolière.
La Vieille Ville : Le Vieux Nice d’aujourd’hui était jusqu’au XVIe siècle, la ville basse formée de faubourgs étendus de manière désordonnée aux flancs de la colline. Les oppositions apparurent entre les habitants de la ville basse populaire et ceux de la ville haute où demeuraient les symboles du pouvoir. A la fin du XVIe siècle ne reste plus sur la colline que la citadelle militaire et le siège du pouvoir central. Le basculement vers la ville basse est accompli, on y entre au nord par la porte Pairolière qui ouvre sur la rue du même nom, lequel viendrait du mot « pairoù », chaudron en niçois.


Rue Saint François

Sur la place Saint François, se dresse l’ancien  Hôtel de Ville, construit vers 1580. C’est là que siégèrent les institutions communales.

Après avoir changé plusieurs fois de lieu sous la Révolution, la Mairie revint dans ce bâtiment sous le premier empire, avant de s’installer en 1868 dans l’actuelle rue de l’Hôtel de Ville. L’édifice accueillit en1892 la Bourse du travail.

La place est également connue pour son marché au poisson, qui s’y tient depuis de nombreuses années.

Jusqu’au début du XXe siècle, le Vieux Nice était composé d’un grand nombre de quartiers et chaque communauté se regroupait autour d’un clocher. Sainte Réparate est la sainte protectrice de Nice. Après l’abandon de la cathédrale Sainte Marie du Château, c’était le vocable de l’église de la ville basse où l’Evèque transféra son autorité. La rue Droite, ainsi nommé parce qu’elle permet de traverser la ville de part en part était le quartier des notables. On y trouve des demeures urbaines des nobles familles niçoises, dont le Palais Lascaris construit au milieu du XVIIe siècle en est un bel exemple. A proximité immédiate, dans l’actuelle rue Benoît Bunico, se trouvait jadis le ghetto.

   

Un peu plus loin, l’église du Gesù, qui appartint au Jésuites est l’une des plus belles églises baroques de la ville. La rue du Malonat constitua longtemps le quartier des pêcheurs. La tradition de la fête du Malonat, auprès de la statue de la vierge du même nom, remonte à une épidémie qui frappa la ville en 1854.

En bordure de la vieille ville, côté mer, furent aménagées au milieu du XVIIIe siècle les fameuses terrasses : entrepôts et logements dont les toits servaient de promenade au double panorama vers les montagnes côté nord et sur la mer au sud. Lors de l’ouverture de la Promenade des Anglais, son succès les démoda un peu.
Au cœur de la vieille ville se trouvait le siège du représentant de l’Etat, dans l’ancien « palais sarde » où résidait l’ancien gouverneur du Comté de Nice. Ce monument fut édifié à la fin du XVIe siècle.

Un peu plus loin, sur l’ancienne place Saint-Dominique en référence au couvent du même nom du temps des rois de Sardaigne détruit en 1885, fût édifié un massif palais de justice. On trouve également sur l’actuelle place du Palais, le quartier militaire avec l’ancienne caserne Rusca et la tour de l’horloge, symbole de l’autorité communale, plusieurs fois détruite


Marché d'Hiver

Marché aux fleux

Enfin, entre les Terrasses et le Palais de la Préfecture, s’étend le célèbre cours Saleya avec son emblématique marché aux fleurs et marché d’hiver.


Les ponchettes

Le quai du midi


De la forteresse de Nice qui donna le nom à la colline du Château il ne reste plus guère que la cascade dite du Château, visible depuis la Promenade, et l’esplanade aménagé en jardin public et riche d’une grande variété d’espèces.
Au XVIe siècle, la ville haute ne sera plus que militaire, et sous l’impulsion du duc de Savoie, ses fortifications en feront l’une des citadelles les plus imposantes de la méditerranée occidentale. En 1706, la forteresse de Nice capitule devant les armées françaises et Louis XIV ordonne la destruction totale du château et de ses fortifications. Le point de vue côté ouest offre un panorama exceptionnel sur la Baie des Anges, le Cap d’Antibes et l’Estérel.

Le premier port était au pied de la colline : l’anse Saint Lambert, aujourd’hui les Ponchettes, du mot « pounchetta » qui désigne en niçois une petite pointe en référence probable aux pointes rocheuses qui bordent cet endroit. Les pêcheurs y étaient encore nombreux au début du XXe siècle à remonter leur barque sur les quais, trier le produit de leur pêche ou repriser leurs filets.

En 1917, le quai du midi prit le nom de quai des Etats Unis en hommage à ce pays qui venait d’entrer en guerre.
Le passage de Rauba-Capeù fut construit en 1770 pour relier la ville au nouveau port Lympia. En référence au vent qu’on y trouve souvent, cette appellation signifie en niçois « vole chapeau ».

De la forteresse de Nice qui donna le nom à la colline du Château il ne reste plus guère que la cascade dite du Château, visible depuis la Promenade, et l’esplanade aménagé en jardin public et riche d’une grande variété d’espèces.


La cascade du Chateau

La promenade des Anglais

La Promenade des Anglais était encore, à l’aube du XXe siècle le domaine des villas privées aux parcs luxuriants s’ouvrant sur la mer. Depuis l’embouchure du Paillon au port de pêcheurs de Carras, le sentier littoral attire aussi bien la bonne société niçoise que les hivernants étrangers venus s’éblouir du spectacle qu’offre la Baie des Anges.

La Promenade des Anglais ou « Camin dei Anglès » doit son nom aux résidents étrangers qui payèrent sur leurs deniers l’aménagement de la grève, alors peu praticable, en un sentier de promenade. C’était en 1823 et les Britanniques étaient si majoritaires qu’on appelait Anglais tout hivernant venu séjourner pour profiter de la douceur du climat pendant la mauvaise saison.

La Promenade des Anglais s’ouvre avec le jardin public créé dès le milieu du XIXe siècle. Il reçut le nom de jardin Albert 1er au début de la Grande Guerre, en l’honneur du roi des Belges qui résista vaillamment à l’invasion allemande.


Le jardin Albert 1er


Palais de la jetée Promenade

A l’époque, le jardin public offrait une admirable perspective sur l’un des plus surprenants édifices de Nice. le casino de la Jetée Promenade. Détruit par un incendie en 1883 à quelques jours de son inauguration, il fût reconstruit en 1891. comprenait restaurants, cafés, salles de jeux et salles de spectacles où l’on donna des productions musicales et en particulier des opérettes de grande qualité.  Détruit pendant l’occupation allemande de 1944 afin de récupérer ses structures métalliques, sa remarquable silouhette restera emblématique de la ville de Nice.


Hôtel Negresco

La Promenade des Anglais, c’est aussi le décor des luxueuses façades d’hôtels construits au début du XXe siècle : le Ruhl, cher aux niçois et aujourd’hui détruit, le Westminster ou West-end, le Cercle de la Méditerranée et surtout le fameux Negresco orné de sa coupelle rose.


Le quartier du port

Après avoir franchi Rauba Capeù, se dévoile le port Lympia. Ce port artificiel, creusé de 1750 à 1830 dans l’ancienne embouchure du Paillon, doit son nom aux sources limpides qui sourdent au bas du quai nord.
Le port Lympia est plus connu aujourd’hui pour son trafic de plaisance mais était à la Belle Epoque le théâtre d’une animation et d’un commerce considérables. Charles Felix, roi de Sardaigne entre 1821 et 1831 en confirma le droit de port franc qui remontait à 1612. En 1854, sous la pression des négociants génois, le roi Victor Emmanuel II, futur roi de l’Italie unifiée abolit cette franchise.

Le domaine de la Réserve commence son histoire en 1862 par un pavillon de bois où les citadins viennent déguster coquillages et crustacés. En 1875, un hôtel restaurant à l’architecture italienne avec belvédère et terrasse voit le jour. Devant la rotonde, un voilier en ciment est construit sur un rocher pour assurer le calme de la clientèle…Au pied de l’édifice, la plage abritée accueille les nouveaux estivants de Nice.

Le quartier du Port était également ouvrier avec notamment la manufacture de tabac de Nice, rue Barla


Le port Lympia

Un coin du port de l'église

Manufacture nationale des tabacs

Hôtel Restaurant “La Réserve”

Le Centre Vile

Entre le Vieux Nice et les jardins Albert 1er se trouve la place principale de la Ville, la place Massena. Hommage à un niçois rallié à la France, André Massena, l’esplanade est presque entièrement l’œuvre de la monarchie Sarde. Elle est le fruit d’une institution créée en 1832, le « consiglio d’ornato » ou conseil d’ornement dont la mission était de veiller à l’urbanisation cohérente et à l’embellissement architectural de Nice. Le réseau harmonieux des rues, sa régularité et l’élégance architecturale des immeubles du centre ville sont le résultat de son action et la place Massena probablement sa plus belle réalisation.


La place Massena

Avenue de la Gare

En 1900, « L’ Avenue » pour tout niçois, c’était l’avenue de la Gare. Grand axe commercial où passaient les tramways, lieu des boutiques – avec en 1890 l’ouverture du premier magasin de lingerie à nice à l’emplacement des actuelles Galeries – des théatres, des banques et des restaurants. On y trouvait également la presse locale de la Troisième République, l’Eclaireur et son rival le Petit Niçois.

D’abord avenue du prince impérial – en hommage au fils unique de Napoléon III- puis avenue de la Gare pendant la Troisième République, elle prit le nom d’avenue dela Victoire à la suite de celle de 1918 avant de prendre son nom actuel, après la mort de Jean Médecin en 1965, maire de Nice presque sans interruption depuis 1928 et candidat en 1953 à la présidence de la Quatrième République.

Scènes traditionnelles

 

Bugadiera dou Pailloun

Les lavandières ont tant retenu l’attention des peintres et des artistes qui ont souvent embelli l’image de ces femmes, dont le métier était de laver le linge à la main, aux conditions sociales et matérielles dans la plupart des cas difficiles. Les femmes devaient, tout en lavant, s'occuper de leurs plus jeunes enfants.


Lou Canoun de Miejour

Dans les années 1860, Sir Thomas Coventry, amoureux de la French Riviera, avait pris résidence dans le Vieux Nice avec son épouse. Tous les jours, à l’heure du déjeuner, sa compagne tardait à rentrer de sa promenade matinale. Il faut dire qu’elle était quelque peu commère et oubliait, facilement, l’heure.

Cet ancien colonel de l’armée anglaise trouva une solution pour remédier au retard de sa femme : « Tirer un coup de canon à midi ». Sir Coventry fit part de son idée au maire Malausséna en lui signalant qu’il se chargerait de tous les frais et offrirait le petit canon. La proposition fut acceptée. On installa donc la fameuse horloge qui retentit une fois par jour sur la terrasse inférieure du Château au dessus de Rauba Capeù. Chaque jour, un globe coloré était alors hissé à un mat au dessus de l’hôtel Chauvin où demeurait Sir Coventry et tombait. A ce signal, un employé municipal allumait la mèche du canon. Il était midi.

Mais une fois, le gentleman anglais partit de la Côte d’Azur emportant dans ses valises le coup de canon. Nice devint orpheline de cette montre journalière. Cette absence provoqua dans toute la ville un remue-ménage. La population se plaignait des écarts qu’il y avait entre les diverses horloges publiques. Pour apaiser les esprits, la municipalité finit par redonner vie à cette fameuse pendule.

Le 19 novembre 1885, l’arrêté municipal a remis en vigueur « Lou Canoun de Miejour ». Et oui, çela fait plus de 120 ans que les niçois partent déjeuner quand ils entendent tirer le coup de canon de midi où plutôt le coup de canon de Lady Coventry.

Aujourd’hui, le « bruit » du canon est rentré dans la coutume niçoise mais le petit canon a été remplacé par une bombe d’artifice.


Le Lavoir du malonat

La création des lavoirs, qui remonte à la 2e moitié du XIXe siècle, résulte d’une prise de conscience collective de l’importance de la salubrité publique et des principes élémentaires d’hygiène

Bassin public alimenté en eau détournée d'une source ou d'un cours d'eau, où les lavandières rincaient le linge après l'avoir lavé, en général chez elles. Le passage au lavoir était la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d'eau, il pouvait avoir lieu à la maison, mais le rincage nécessite de grandes quantités d'eau claire, uniquement disponible dans les cours d'eau ou dans une source captée.

Le bord du lavoir comporte le plus souvent une pierre inclinée. La lavandière, à genoux, jette le linge dans l'eau, le tord en le pliant plusieurs fois, et le bat avec un battoir en bois afin de l'essorer le plus possible.

Le lavoir du Malonat est le dernier du vieux Nice encore visible aujourd’hui.


Les bains de mer

Ce sont les Anglais qui les premiers découvrirent les vertus thérapeuthiques des bains de mer au milieu du XIXe siècle, car il ne s'agissait que de cela au début. Il fallait «se baigner», c'est à dire se tremper modérément dans l'eau de mer, tout habillé et pas plus de 10 à 15 minutes par jour. La mode aura, comme chacun sait, un succès sans précédent. A Nice, les plages de la Tour Rouge ou du Lazaret, sur l’actuel boulevard Franck Pilatte, font parties des premiers décors à avoir accueilli des bains de mer.


Un marchand de pissaladière

La pissaladière est certainement la spécialité la plus ancienne dans les Alpes Maritimes. L’histoire de la pissaladière est liée à celle du pissalat et de la poutine dont l’origine remonte au premier siècle après J.-C.

Le pissalat est élaboré à partir de la poutine (alevins de sardines) d’épices et de sel macérant une quinzaine de jours pour donner après filtrage une purée de couleur grise dont on parsème la véritable pissaladière.

On trouve des traces écrites de la pissaladière au XIXe siècle sous le nom de « pissalat à la niçoise » décrit comme une pâte à pain garnie d’oignons, d’anchois, d’olives et arrosée d’huile d’olive mélangé au pissalat.


Marchand de socca et porteurs de socca

La socca est indissociable de l’histoire de Nice. C’est certainement aujourd’hui le plat le plus ancré dans l’identité culinaire niçoise (voir page histoire de la socca). Cette spécialité était vendue, au début du XXe siècle, par des marchands ambulants aux ouvriers des chantiers.


Le marché de poissons

A quelques pas des retours de pêche auxquels on pouvait assister sur le quai du midi, entre les terrasses du vieux Nice, se trouvait la poissonerie. Le marché au poisson se déplacera plus tard sur la place Saint François

 

Fêtes traditionnelles

 

Lou festin dai cougourdon

La fête des Cougourdons est la première fête niçoise de l’année C’est l’occasion de se replonger dans l’ambiance festive du début du XXe siècle, rythmée par les chants et danses du Comté de Nice : stands de cougourdons décorés, produits locaux (échaudés, fougassettes, socca, pan bagnat....), spectacles. La manifestation rassemble chaque année plus de 3 000 personnes.

Cougourdon est le nom méditerranéen du fruit d'une plante grimpante de la famille des Cucurbitacées. Ils se distinguent des autres courges par la couleur de la fleur (blanche), par la pollinisation nocturne et non diurne, par un pédoncule très solidaire du fruit ainsi que par une déshydratation naturelle très facile. Il est léger, très solide, imputrescible.

Ce cucurbitacée a su trouver sa place dans le cœur de tous les niçois et rare sont ceux qui n'en n'ont pas encore un chez eux. Traditionnellement tous les nouveaux habitants se voient offrir un cougourdon par ses hôtes en guise de bienvenue.


Lu Festin de Nissa

Fêter un changement de saison bénéfique est une tradition bien ancrée dans nombre de sociétés humaines, quelque soit le lieu et l’époque. La précocité du printemps niçois a encouragé la multiplication des fêtes populaires à cette occasion. Ces fêtes sont connues sous le nom niçois de "festin", improprement et directement transposé en français.

Un festin niçois n’est pas un banquet donnant lieu à d’abondantes ripailles. C’est plutôt l’occasion d’un ensemble de réjouissances simples, comportant un "pique-nique", des danses et des jeux, souvent précédés d’une manifestation religieuse autour de la chapelle du saint protecteur du quartier.

Ces Festins étaient échelonnés selon un calendrier précis : les festins de Carême et les Mais en forment l’essentiel, mais d’autres s’y ajoutèrent.


Fêtes des Mai

Cette fête traditionnelle était liée à la déesse de la terre. On abattait un pin dans la forêt et on l'ornait de fleurs et de banderoles pour l’installer dans le temple. Le pin représentait le Dieu ATTIS, endormi pendant les longues nuits d’hiver et réveillé par la Déesse CYBELE au printemps, pour fêter le renouveau de la nature."Tourner les mais" signifie, depuis le moyen-âge, danser autour d’un tronc d’arbre surmonté d’une couronne de fleurs.

Très développée durant la Restauration sarde, pendant la première moitié du XIXème siècle, les Mais connurent un temps d’éclipse avant d’être relancés, au début du XXème, par un groupe de Niçois attachés à la renaissance de ces traditions.

Dès lors, les Mais de quartier, de plus en plus souvent urbains désormais, marquent le souvenir des Niçois du XXème siècle de leur caractère simple, joyeux, convivial, festif et familial. On décore de guirlandes et de lampions la place ou le carrefour principal du quartier, on y mange, on y joue au vitou, à la pignata ou au pilou, on y danse autour du mât de cocagne, symbole de l’arbre de mai, renouveau de la Nature aux origines païennes, si vira lou mai-on tourne le mai dit-on, dans la tiédeur des journées et des soirées de printemps. Une multitude de fêtes couvrent ainsi la ville, découpant clairement des quartiers, au cœur même du Vieux-Nice.

Aujourd’hui, cet événement se déroule tous les dimanches de Mai dans le cadre magnifique et bucolique du parc des arènes de Cimiez. Les niçois s'y retrouvent pour y passer la journée ou quelques heures. Ils amènent tables, chaises, nappes pour un piquenique à l'ombre des oliviers. Spectacles et groupes de musique de la région animent la journée. Des stands culturels mettent en valeur et défendent le patrimoine local (histoire, musique, langue...).

D’autres fêtes niçoises aux origines parfois lointaines sont perpétuées aujourd’hui dont le Renouvellement du Vœu de Nice, la fête de la Mer ou fête de la Saint-Pierre, la fête du Malonat, La fête de la San Bertoumiéu, fête de Catherine Ségurane, fête de Sainte Réparate, lou Presèpi.


La Carnaval de Nice

L'étymologie du mot " Carnaval " la plus communément retenue est "carne levare ", "enlève la chair". Dès le Moyen Âge, les Niçois, avant de jeûner pendant quarante jours selon la tradition catholique du Carême, profitaient d'une cuisine grasse, riche et copieuse. Pour mieux fêter cette période enjouée, tous les débordements furent autorisés. Il était alors de mise de se moquer de tout et de tous aux dépens de chacun, cachés derrière des masques, protégés par des déguisements, et ce jusqu 'au Mardi-Gras.

La première mention retrouvée des réjouissances carnavalesques niçoises remonte à 1294, lorsque Charles d'Anjou, Comte de Provence, signale qu'il a passé à Nice "les jours joyeux de Carnaval ".

Jusqu'au XVIIIe siècle, les festivités carnavalesques étaient ponctuées de bals masqués et de farandoles effrénées dans l'actuelle Vieille Ville. Les excès ont rapidement été contrôlés par les " Abbés des Fous ", chargés par le clergé de canaliser la liesse populaire.

Les fêtes de Carnaval furent interrompues lors de graves événements politiques et militaires qui ont marqué l'Histoire comme durant la Révolution Française, puis le 1er Empire.

En 1830, un premier cortège fut organisé en l'honneur de Charles-Félix et de Marie-Christine, souverains du Royaume de Piémont-Sardaigne. La trentaine d'équipages défilant pour le roi et la reine annonçait le futur déroulement du Carnaval.


Les débuts du carnaval moderne

Jusqu'en 1872, la fête battit son plein dans les rues de Nice, au gré des inspirations de chacun : la foule déguisée se bombardait de confetti de plâtre, de farine, d'oeufs.

Mais en 1873, le Niçois Andriot SAËTONE prit l'initiative de fonder le " Comité des Fêtes " qui, sous le patronage de la municipalité, fut chargé d'organiser et donner de l'ampleur au Carnaval de Nice.

Ainsi, le 23 février 1873, Carnaval 1er entra dans la ville. Le Carnaval moderne était né, auquel Alexis Mossa puis son fils Gustav-Adolf apportèrent, jusqu'en 1971, un étonnant particularisme, grotesque et fabuleux, en réalisant les maquettes des chars les plus spectaculaires qui aient défilé à Nice.


Le Corso

En ouverture du Carnaval, Sa Majesté le Roi arrive en grandes pompes dans un tintamarre assourdissant. Le règne éphémère est ainsi annoncé et toutes les folies seront permises, l'originalité et l'exubérance seront de rigueur. Le Corso Carnavalesque se compose d'une vingtaine de chars et d'environ 300 "grosses têtes", défilé bigarré aux couleurs éclatantes auquel se mêlent les arts de rue et groupes musicaux venus du monde entier. Au dernier soir, selon la tradition, Sa Majesté Carnaval défile seule, escortée de ses bourreaux, avant d'être brûlée sur un bûcher installé en mer ou sur la grève.


Les confetti ...

Il est impossible d'envisager un Carnaval sans confetti. Dès 1830, les " Coriandoli ", graines enrobés de sucre, sont utilisés comme projectiles lors des festivités. Les sucreries ont rapidement été remplacées par les oeufs remplis de suie ou de farine, des haricots ou de pois chiches, jusqu'à l'apparition des batailles de confetti en plâtre. En 1955, le papier remplace le plâtre, devenu dangereux. Ces petits ronds légers et multicolores -15 tonnes chaque année- sont devenus au fil du temps les acteurs inévitables d'un Carnaval réussi.


Les batailles de fleurs

Les batailles de fleurs, qui nécessitent une quantité impressionnante de fleurs locales, contribuent à la renommée du Carnaval de Nice depuis la fin du XIXème siècle.


Les origines de cette tradition

Si les origines du Carnaval de nice sont bien antérieures, il fallut attendre 1876 pour que des chars fleuris apparaissent au cours des festivités carnavalesques, à l'instigation du poète jardinier Alphonse Karr et du Comte de Cessole.

C’est Andriot Saëtone qui créa la Première bataille de fleurs sur la Promenade des Anglais (alors même que les autres défilés carnavalesques avec batailles de confetti se déroulaient sur le Cours Saleya, place de la Préfecture et rue St-Francois de Paule).

A l’origine, les batailles de fleurs ressemblaient plus à un élégant défilé de chars fleuris qu'à de véritables "batailles" de fleurs et étaient plutôt une manifestation réservée à "l'élite", en marge de la fête populaire.


Histoire des batailles de fleurs

La bataille de fleurs, qui ne fut d’abord qu’un essai, s’imposa progressivement comme un événement incontournable du Carnaval de Nice. Ce défilé, auquel toutes les célébrités de l'époque ont participé, jouissait déjà à la Belle Époque d’une renommée interna tionale.

Les batailles de fleurs niçoises ont inspiré des défilés fleuris dans d’autres villes de la Côte d’Azur ou du monde. La célèbre parade fleurie de Pasadena, aux Etats-Unis a été créée en 1890 par Francis Rowland, après qu'il ait assisté à une bataille de fleurs à Nice. La ville de Cannes organisa sa Première bataille de fleurs en 1898. Isabelle, fille de Pedro 11 du Brésil, s’inspira également du modèle niçois pour célébrer l'abolition de l'esclavage en organisant le premier défilé de voitures fleuries à Rio.

La coutume de jeter des fleurs pendant les défilés de carnaval s’est perpétuée au fil des siècles, mais la Bataille de Fleurs a évolué en un véritable c orso fleuri composé d'une vingtaine de chars ornés de fleurs fraîchement cueillies.


Un somptueux corso fleuri

De nos jours, le corso des batailles de fleurs offre un défilé de chars allégoriques entièrement fleuris accompagnés par plusieurs groupes musicaux, français et étrangers.

Sur chaque char, deux à trois jeunes mannequins, habillés de somptueux costumes de plumes, de paillettes et de strass créés pour l'occasion, lancent des milliers de fleurs aux spectateurs installés dans les tribunes.


Des milliers de fleurs

4000 à 5000 tiges de fleurs fraîches sont nécessaires à la réalisation de chacun des chars (de 7 mètres de long pour 2 mètres de large et 6 mètres de haut). 90 % des fleurs utilisées proviennent de producteurs locaux : œillets, roses, glaïeuls, tokyos, gerberas, dalhias, liliums et Mimosa sont tout particulièrement mis à l’honneur.

Les chars sont décorés à la main, à l'aide de pétales de milliers de fleurs, collés un à un, et de fleurs piquées dans de la mousse pour composer de ravissants motifs. Les fleuristes, réunis au sein de "L'Amicale des Réalisateurs de Batailles de Fleurs de la Ville de Nice" travaillent dans la nuit et la matinée qui précèdent chaque bataille et mènent une véritable course contre la montre afin que tous les chars soient prêts à temps.

 

Remerciements


Ces pages ont été réalisées à l’aide des ouvrages et sites internet suivants :

Ouvrages

NICE d’Antan – Louis-Gilles Pairault – HC Editions
Histoire de Nice et son comté – André Compan – Serre Editeur
Les Alpes Maritimes autrefois – Paul Gonnet – Editions Horwath
Histoire de l’identité niçoise – Hervé Barelli & Roger Rocca – Serre Editeur
Dictionnaire historique et biographique du Comté de Nice – Serre Editeur
Côté d’azur gourmande – Chambre des métiers et de l’artisanat des Alpes Maritimes ( www.cm-alpesmaritimes.fr )

Sites internet

www.nice.fr/Culture/Histoire-et-culture-nicoises/Fetes-Nicoises
www.nicecarnaval.com/origine.htm
www.nice-premium.com/article/lou-canoun-de-miejour.130.html
www.gralon.net/articles/voyages-et-tourisme/guide-et-annuaire/article-les-batailles-de-fleurs--tradition-du-carnaval-de-nice-1166.htm
www.nice-premium.com/article/nice-fete-les-cougourdons-festin-dei-cougourdon.4453.html
www.cougourdon.com/index.cfm?pagecode=lhistorique
www.notretemps.com/article/index.jsp?docId=490065
www.lareservedenice.com/?page_id=13
www.keldelice.com/evenements/la-fete-des-mai-de-nice-ou-lu-festin-de-nissa-dans-le-texte-nice-mai-5001